Nature Capitale va poser son empreinte sur une des avenues les plus célèbres du monde.
Comment lire la trace ? Comme un fleuve vert qui déboule dans la ville ? Comme l’intrusion de la campagne que nos rêves continuent d’opposer à la ville ? Comme une de ces trames bleues ou vertes tant réclamées des biologistes afin de favoriser la circulation des animaux ? Comme la ville de demain ?
Il y a peu encore, s’opposait l’aspect artificiel de la ville à l’aspect sauvage de la nature. Pendant des décennies, la ville s’est affrontée à la campagne, la grignotant pour la remplacer par des routes, des maisons, des usines. Le mouvement est toujours en cours: entre 60 et 70 000 hectares sont artificialisés tous les ans en France. Cet affrontement pourtant s’essouffle ! La crise énergétique annoncée impose de cesser cet étalement urbain et la ville aspire à de plus en plus de végétation. Alors, comme l’espace est restreint, les citadins deviennent des warriors gardeners : des guerriers jardiniers Désormais, des citoyens considèrent leur quartier comme un écosystème en soi.
Dans les pays du sud, l’agriculture n’a jamais quitté l’urbain. Selon la FAO, 700 millions de personnes dans le monde se nourrissent grâce à l’agriculture urbaine. Caracas compte ainsi 4000 «agriculteurs» qui cultivent des légumes sur des claies surélevées. Au nord, avec la lutte contre l’effet de serre, l’agriculture conquiert de nouveaux adeptes. Des toits d’immeubles sont colonisés par des cultures à Chicago (où la pratique est encouragée) ou Boston. La plus grosse «ferme » de New York à Brooklyn s’étend sur 2000 m2 et une coopérative agricole vient d’être créée pour commercialiser la production de la grosse pomme. New York héberge même des vaches. En France aussi, le phénomène émerge, en témoigne l’incroyable développement du marché horticole ces dernières années. En réalisant son petit jardin, parfois sur son balcon, en luttant pour obtenir un nouveau parc urbain, les citadins constituent leur réserve de nature à eux.
La ville offre ses trésors naturels cachés, les migrants y soignent leur nostalgie en acclimatant une plante de leur pays d’origine. Les espèces voyagent et s’adaptent à un milieu a priori hostile. Les marchés retrouvent leurs lettres de noblesse et les jardins se partagent. Des circuits courts de distribution, les Amaps, alimentent les citadins qui le dimanche vont cueillir fruits et légumes dans les champs périurbains.
La reconquête du sauvage se fait, ou se fera, sur le béton à travers les jardiniers, les naturalistes urbains un peu fous, les paysagistes. Jusqu’ici, la biodiversité est restée relativement ignorée dans la démarche architecturale. De la même manière que l’on construit maintenant des maisons « à énergie positive » (qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment), l’idée est ici de faire un bâti dont l'enveloppe au moins pourrait offrir autant de place pour la biodiversité naturelle qu'en l'absence de construction, voire plus : murs végétaux, jardins naturels, toits végétalisés, rue jardinée…
La ville de demain rêve de cacher son béton et son asphalte, de faire jaillir les herbes folles ou le jardinet. En réponse aux pollutions et aux embouteillages, elle lance le défi de la production de son oxygène par ses façades végétales et ses toits forêts.
Une nouvelle alliance entre le citadin et le paysan ?
ROGRAMME : DIMANCHE 23 MAI
L’EMOTION ET LA REFLEXION
Débats au Grand Palais
C’est dans le cadre prestigieux du Grand Palais que va s’installer Gaïa Network. Nos sept débats se succèderont tout au long de la journée sur le balcon de l’horloge. Ils se dérouleront en public et seront diffusés en direct et en différés, sur le site de Gaia-network.com et naturecapitale.com, et mis à disposition de notre réseau de sites amis.
LES TABLES RONDES
10h30/11h10
Comment nourrir les villes du Sud ?
Dans les quarante prochaines années, ce sont dans les villes des pays en voie de développement que va s’opérer l’essentiel de la croissance démographique de l’Humanité. C’est là que vont se poser les plus gros problèmes d’approvisionnement en eau et en nourriture. Pourtant, l’agriculture du sud n’a jamais vraiment quitté la ville. Selon la FAO, 700 millions de personnes se nourrissent grâce à l’agriculture urbaine.
11h30/12h10
L’agriculture de proximité
Les Français réclament de mieux connaître la provenance des produits qu’ils consomment. Dans ce cadre, les réseaux comme les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) connaissent un fort succès. 88 000 agriculteurs pratiqueraient la vente directe. Comment répondre à la demande ? Quelle part du marché peut prendre cette agriculture de proximité ? Quelles en sont ses limites ?
12h30/13h10
Nature capitale : genèse d’une œuvre
Depuis près de trente ans, Gad Weil parcourt le monde, organisant des évènements spectaculaires. Ce fédérateur d’énergies utilise les plus grands sites pour offrir des visions nouvelles et originales du monde qui nous entoure. Avec ses partenaires agriculteurs et forestiers, il explique la genèse de Nature Capitale
13h30/14h10
Alimentation et santé
Jamais les liens entre alimentation et santé n’ont été aussi étroitement imbriqués. Les crises alimentaires des années 90 (vache folle, poulet à la dioxine) ont laissé des traces. Les liens de confiance se retissent lentement. Ils passent par la transparence des filières, les labels de qualité, les certifications d’origine, les engagements professionnels.
PROGRAMME : (suite)
15h/ 15h40
Ville et nature : une symbiose nécessaire
Dans un futur proche, il ne sera plus possible d’opposer l’univers urbain bétonné à la campagne qu’elle soit agricole, forestière ou naturelle. Les techniques de production d’électricité renouvelable à partir du soleil, l’expansion du végétal sur les murs, les toits, la création même de fermes à l’intérieur des villes utilisant les techniques les plus pointues de l’agriculture vont gommer les différences et nouer des liens étroits entre urbanité et ruralité.
15h30/16h10
Forêt et ville
Les liens entre forêts et villes ne se sont jamais distendus. Parmi les différentes valeurs attribuées aux forêts figurent en bonne place les fonctions récréatives. La promenade du dimanche est pour les urbains une tradition autant qu’une nécessité. Mais ces liens se renforcent avec la lutte contre le réchauffement climatique. La biomasse devient le principal moyen de chauffage neutre en émissions de gaz à effet de serre.
16H30/17H10
La nature dans la ville
Faire les villes à la campagne, préconisait Alphonse Allais. Et si plutôt la nature s’installait en ville. Au sein des villes, insectes, mammifères, oiseaux adaptent leur mode de vie Des ruches sont installées sur les toits. Et l’on incite les urbains à semer des graines dans le moindre interstice du béton. La «mauvaise herbe » n’est plus traquée.
DIMANCHE 23 MAI ET LUNDI 24 MAI
DIFFUSION EN CONTINU
dimanche 23 Mai de 14 à 20 h,
lundi 24 Mai de 10h à 20h.
Sur www.gaia-network.com et www.naturecapitale.com