Nicola Hulot sur RTL à propos de Copenhague

Le président de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie sur RTL le 17 décembre 2009
source: http://www.rtl.fr/



Nicola Hulot sur RTL à propos de Copenhague
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Nicolas Hulot.

Nicolas Hulot : Bonjour.

Vous êtes avec nous, en direct, depuis Copenhague où se déroule le sommet mondial contre le réchauffement climatique. Il se termine demain, ce sommet. Vous êtes optimiste ou pessimiste sur l'issue de cette rencontre ?

Je ne sais pas si on peut encore se payer le luxe d'être pessimiste, mais je ne sais pas si on peut se payer le luxe d'être optimiste aussi. Il faut dire que je ne crois pas qu'il y ait quelqu'un à Copenhague qui soit capable, aujourd'hui, de dire que le scénario va conclure ce rendez-vous parce qu'on est dans la plus grande confusion.

Simplement d'imaginer, par exemple, qu'hier soir à minuit, les négociateurs se sont quittés sans avoir de textes à négocier. C'est vrai que ça paraît absolument incroyable parce que Copenhague, ce n'est quand même pas un rendez-vous qui a été improvisé. Tous les espoirs de l'Humanité tendent vers Copenhague depuis des mois et des mois. Et c'est vrai que tant dans l'organisation, dans la logique de certains, tout nous échappe et que tout peut se passer parce que l'arrivée des chefs d'Etat, il y en a déjà beaucoup à Copenhague et notamment celle d'Obama va peut-être bouleverser les choses ; mais les raisons d'être inquiets sont là depuis quelques jours quand même plus importantes que les raisons d'espérer alors que les chefs d'Etat et les négociateurs, ici, ont dans les mains ni plus ni moins l'espoir de nos enfants.

Les raisons de s'inquiéter parce que, par exemple, Barack Obama, les Etats-Unis sont égoïstes, les Chinois ne veulent pas faire de concessions. C'est ça qui bloque ?

Ce qui est quand même curieux, c'est qu'on n'est pas dans un G20, on n'est pas dans un G7. Ce n'est plus une affaire d'Etat, c'est une affaire d'hommes. C'est l'Humanité qui a rendez-vous avec elle-même ; et peut-être que là on touche du doigt le fait que peut-être que nos institutions ne sont plus adaptées à ça, quoi. C'est-à-dire que là, on a besoin de mettre comme paramètres déterminants des enjeux collectifs et le long terme. Et là, je dirais que peut-être qu'on est encore dans ces réflexes pavloviens où chaque Etat essaie de tirer un peu les marrons du feu et d'aller vers un espèce de consensus au moins disant alors qu'on négocie pas sur l'avenir de l'Humanité.

Vous savez, je vais vous donner un simple exemple parce que maintenant, je me demande si les mots ont encore un sens à ce stade-là ; mais hier, quand j'étais avec les représentants des ONG africaines ; c'est-à-dire que là, on ne parle même pas des chefs d'Etat, je parle simplement de la société civile, de ces peuples autochtones qui, eux, subissent déjà des changements climatiques. Et il y a eu une phrase terrible. Il y en a un qui nous a regardés dans les yeux et qui nous a dit quasiment avec les larmes aux yeux : "Vous savez, nous, on est déjà dans le couloir de la mort !"

Alors oui, c'est terrible !

Alors quand on emploie le futur, c'est-à-dire quand vous dites : on fera, on fera, on fera... Nous, l'avenir, on le vit déjà au présent.

Vous êtes très désabusé, ce matin, Nicolas Hulot ?

Oui, parce que franchement, on a attendu Copenhague depuis longtemps. Je pense que c'est un moment où peut jaillir un nouveau monde puis un nouvel état d'esprit, un monde de partage, un monde de compréhension, c'est un moment où on peut se retrouver au-delà de nos différences. Ce n'est pas un problème de technologie, ce n'est pas un problème d'économie parce que vous êtes bien placé pour savoir que quand il faut soudainement sauver le système financier, on trouve de l'argent. C'est très curieux ce qui se passe à Copenhague parce qu'il y a quand même de la volonté : l'Union européenne est quand même assez ambitieuse ; mais je ne sais pas ...

La mayonnaise n'est pas là. La dynamite n'est pas là. La conscience n'est pas là.

La mayonnaise n'est pas là, parce que c'est un moment inédit. C'est quand même totalement inédit. D'abord, les enjeux sont majeurs. Ils prennent un peu quand même tout le monde de court, le processus des négociations est probablement pas adapté. D'où d'ailleurs, la nécessité que quoiqu'il se passe à Copenhague, on mette sur la table très rapidement un nouveau mode de gouvernance, en tout cas qu'il y ait une organisation mondiale et qui ne soit pas une organisation internationale où chacun vient essayer de défendre les intérêts de son pays mais où on défende l'intérêt des hommes parce qu'encore une fois (pardon de le répéter) mais c'est bien l'avenir de l'homme et de tous les hommes qui se jouent ici à Copenhague.

En tout cas, ceux qui vous écoutent ce matin sur RTL, Nicolas Hulot, auront compris que dans votre esprit, c'est plutôt l'hypothèse de l'échec de Copenhague qui se dessine plus que la réussite.

Oui, mais en même temps, les vieux routards des négociations nous disent que parfois justement que quand on arrive à ce point de tensions et d'inquiétudes, il peut surgir l'impossible.

Un miracle !

Un miracle ; et peut-être que là dans les dernières 24 heures, mais la nuit qui vient de se passer est une nuit pour rien parce que normalement les négociations auraient dû durer. Et il y a une attitude de la présidence danoise qui est assez stupéfiante qui, au passage, a mis la société civile en dehors du processus des négociations, et c'est vrai que cette confusion, ce climat-là n'est pas propice à un retour à la raison.

Vous êtes à Copenhague, Nicolas Hulot, et vous êtes un spectateur impuissant dans tout ça. Vous pouvez faire quelque chose ? Vous pouvez alerter ? Vous pouvez crier ?

Nous, très sincèrement, à ce stade, notre travail a été en amont les uns et les autres. C'est vrai qu'on assiste à cela un peu symboliquement ; mais nos cris des uns et des autres et nos inquiétudes et nos peines, franchement dans tout ce show, sont insignifiants.

Vous avez eu l'occasion de dialoguer avec Nicolas Sarkozy ?On l'entendait hier soir à la télévision. Il disait : mais il faut y croire. Je suis optimiste. Je vais y arriver. On va arracher quelque chose.

Non, mais il a raison d'être dans une inquiétude volontariste et très sincèrement, les 27, la France, sont plutôt dans une position très agressive avec des propositions fortes : intransigeance sur les 30% de réduction de gaz à effets de serre d'ici 2020 en mettant sur la table - ce qui est quand même des tabous qui sont tombés - des instruments économiques comme cette fameuse taxe qu'on ne veut plus appeler la taxe Tobin mais sur les transactions financières. Donc, il y a de la créativité sur les instruments, de mettre enfin dans le processus des négociations : le transport maritime et le transport aérien ; l'Europe et la France veulent qu'il y ait un cadre contraignant, alors que d'autres voudraient se satisfaire d'une simple déclaration politique.

Mais une déclaration politique simple, quels que soient les objectifs affichés à l'issue de Copenhague, c'est une faillite de notre système.

Et si Copenhague est un échec, qu'est-ce qui se passe après ?

Honnêtement on n'en sait rien parce qu'on ne pensait pas que ce scénario soit à ce point possible mais en même temps, le monde ne s'arrête pas là. Rien n'interdit - et je pense que, d'ailleurs, Ban Ki Moon l'a déjà envisagé - de donner un rendez-vous très rapide dans les mois qui viennent pour revenir à l'ouvrage ; mais enfin franchement, c'est ce que je disais tout à l'heure, ceux qui sont déjà - les centaines de milliers de personnes - qui sont déjà affectées par les conséquences des changements climatiques (je rappelle que plusieurs centaines de milliers de personnes meurent chaque année des conséquences directes ou indirectes de changements climatiques), pour eux, mais quelle insulte !

On vous a rarement entendu comme ça, Nicolas Hulot, un peu triste peut-être ce matin, c'est ça ?

J'ai du mal à comprendre, encore une fois, parce qu'on est vraiment dans un enjeu humaniste, qu'on soit riche, ou pauvre, qu'on soit à l'Est, à l'Ouest, au Nord, au Sud, laïc ou religieux... On sera tous, à un degré ou à un autre, affecté par les conséquences de cette crise. Donc, j'ai du mal à comprendre qu'on ne puisse pas se mettre d'accord. J'ai du mal à comprendre, encore une fois, qu'on mégote sur cet enjeu humaniste d'autant que les solutions sont là.

Quand je vois la manière dont on réagit, avec quelle frénésie pour sauver le système bancaire ! Là, ce n'est pas la planète qu'il faut sauver, c'est l'avenir de nos enfants.

Pour l'Humanité. Nicolas Hulot, merci d'avoir témoigné depuis Copenhague, le sommet se termine demain. On le suivra attentivement sur RTL. Bonne journée.

Auteur : Jean-Michel Aphatie

source: http://www.rtl.fr/

Samedi 19 Décembre 2009
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