La diversité des écologies symboliques (3)

Du rôle de la science dans la vision naturaliste du monde…


L’usage naturaliste du monde est le creuset de la « crise de l’environnement » contemporaine.
Lors de la chronique précédente, nous avons exploré combien la vision naturaliste sépare l’individu et le monde, l’humain et les non humains. En Occident, ce dualisme radical  est notre univers familier où règnent la prétention scientifique d’omnipotence dans tous les domaines et l’impact gigantesque des technologies sur les milieux.



La diversité des écologies symboliques (3)
La science moderne a fait de magnifiques découvertes grâce au recul pris par de l’homme face au cosmos ; ce recul fut nécessaire. Mais la pensée scientifique a pris aussi une posture arrogante quand elle a voulu se confondre avec LA PENSEE elle-même, s’autoproclamant comme seule voie d’accès à la connaissance, à la vérité, au réel. Née de la réflexion de philosophes, elle a rompu avec la philosophie en ne se posant plus de questionnements sur elle-même, en privilégiant le quantitatif et en participant à la coupure des liens avec le cosmos. Les « effets secondaires » de cette évolution ont créé les « crises » que nous connaissons, dont la « crise de l’environnement » n’est pas la moindre. Le mathématicien et philosophe Olivier Rey a analysé ces processus dans un livre publié au Seuil en 2003 et dont l’intitulé donne bien le ton : «  Itinéraire de l’égarement, du rôle de la science dans l’absurdité contemporaine » !

Ainsi vont les ombres et les lumières de la science moderne…

La science moderne, ou la mathématisation du monde.

La science moderne a défait la vision aristotélicienne du cosmos grec où tout était ordre, harmonie, hiérarchie et où le monde céleste, inaltérable et régulier des « objets tournants », s’opposait au monde sublunaire, terrestre, changeant et corruptible des quatre éléments et des « objets tombants ». En cette vision du monde, quelle utilité aurait pu avoir les mathématiques immuables pour cerner les objets terrestres toujours changeants ?

La science moderne, c’est aussi la défaite de la synthèse de Thomas d’Aquin, voulant unir la vision cosmique d’Aristote et celle, chrétienne, d’un monde créé par un Dieu bon, donc harmonieux. Mais la posture thomiste n’était qu’acrobatie intellectuelle puisque Ciel et Terre sont, l’un et l’autre, créations du Créateur et que, dans la Genèse, c’est le Ciel qui est au service de la Terre...

Galilée leva la distinction entre céleste et terrestre. Il y eut alors rupture avec la vision cosmique qui n’avait pas permis l’émergence des mathématiques. Rien n’est simple pourtant : les prémices de la science doivent cependant beaucoup à une théologie chrétienne sous jacente. Pour Galilée, « le livre de la nature », écrit en caractères mathématiques », est langage de Dieu.

C’est dans ce contexte, que Newton donna corps à la science moderne, effaçant tout à fait l’opposition Terre-Ciel, et unifiant la chute des objets sur Terre et le mouvement continu des astres dans une même formule mathématique. Depuis, les mathématiques et la physique écrivent le nouveau « livre de la nature » conformément à leurs principes.

De cette aventure de l’intelligence et de l’intelligibilité du monde, on ne peut que se réjouir.


La science moderne, ou la douleur de la séparation…

Cette intelligibilité du monde ne s’est pas faite sans douleur.

Depuis Descartes, l’on vit dans la croyance que l’homme est « comme maître et possesseur de la nature ». Mais un maître souffrant, plus ou moins consciemment, de la séparation avec cette même nature. Autour de l’homme moderne tout est réifié, tout est objet, en un monde « déshumanisé » non parce que l’homme y est absent, mais parce qu’il y est seul ; seul et non consolé… La consommation des multiples objets de « bien-être » ne supplée pas le manque d’ « Être ».

Et sans l’Être, le monde n’a plus de sens.

La douleur de la séparation entre l’humain et le cosmos, entre l’humain et la nature, la perte du sens, les poètes l’ont pressentie, ressentie, nommée. Pensons à Novalis, ou Hölderlin dans Hypérion : « Hélas, j’ai appris à me différencier de tout ce qui m’entoure, je suis isolé au sein du monde si beau, je suis exclus du jardin de la nature où je crois, fleuris et dessèche au soleil de midi »

Certes, l’angoisse de la « coupure » n’est pas neuve ; elle a traversé les mythes des origines : leurs récits en étaient l’exorcisme. De nos jours, la situation est ambigüe : la séparation se présente comme le témoignage de la supériorité occidentale, alors que l’angoisse diffuse de la disjonction n’est plus compensée par le mythe moderne du « progrès continu de la science » : c’est la fin de la flèche du progrès.
Au contraire, la science perd de son crédit face aux nombreux dérèglements auxquels l’idéologie techno- scientifique à conduit, que ce soit, entre autre, la destruction des ressources de la planète, le pillage des richesses ou le déséquilibre des écosystèmes. Depuis Hiroshima, l’optimisme né de la science moderne est remis en cause. Qui pourrait encore relier progrès scientifique et bonheur comme l’a fait Victor Hugo dans les Misérables : « Citoyens, où allons-nous ? A la science… à la loi naturelle… à un lever de vérité correspondant à un lever du jour… il n’y aura plus d’évènements. On sera heureux » ?

Ce n’est pas l’aventure de la Science, elle-même, qui est en cause. Ce qui disparaît, c’est la « croyance » en un progrès scientifique pouvant tout résoudre, y compris les dysfonctionnements nés de ses mauvais usages. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme… » : qui écoute vraiment ces mots de Rabelais, si souvent cités ?
De nombreux symptômes révèlent l’érosion de la confiance.  En témoignent, la désaffection pour les études scientifiques des jeunes gens en Occident ; les OGM qui cristallisent le problème de la distinction entre naturel et fabriqué ; la subordination de la science aux techno-sciences et au technomarché dominés par la finance. Aujourd’hui, le couple qui a pris le pouvoir de gérer la planète n’est plus celui du «savant » et de l’ « l’ingénieur », comme aux premiers temps de l’aventure scientifique, mais celui de l’ « expert » et du « financier », soucieux de la seule rentabilité immédiate, du retour rapide sur investissements, quelque soit le coût environnemental sur le long terme…


La science moderne, ou le malentendu sur les valeurs

La confusion naît aussi du rôle assigné à la science dans le domaine des valeurs.

Pour la science moderne le monde n’est ni bon ni mauvais ; il fonctionne comme une machine et les lois naturelles sont établies par la raison et l’expérience. Le Bien et le Mal sont donc du seul ressort de l’humain ! L’homme doit décider de la manière dont il habite un monde qu’il doit rendre bon. La morale s’insinue dans la transformation scientifique et technologique : le succès du Téléthon, entreprise morale sous forme technique, en est une des illustrations. Avec la science moderne s’est noué le malentendu des rapports entre Science, Technologies et Valeurs morales. Chercher à trancher les dilemmes moraux par des investigations scientifiques mène à une impasse et le projet de résolution des injustices par la science et la technique subit des démentis cinglants. Là encore, la gravité de crise environnementale en est l’illustration ; une crise qui rappelle à l’homme qu’il est dans le monde et pas à l’extérieur.

Alors, à quel type de savoir, à quel type de pensée recourir ? C’est à cette grande question que s’attache Philippe Descola quand il analyse des quatre grands types de pensée à partir des critères des relations entre intériorité et extériorité et du statut accordé au non-humain par rapport à l’humain. (cf. Par delà nature et culture - NRF – Gallimard, 2005).
Une question se pose aujourd’hui : l’Occident est-il à la veille d’un basculement de ses modes de pensée ? Nous ouvrirons-nous davantage à la pensée cosmique ? Saurons- nous recréer du lien ?

Mais refondre une vision, changer de paradigme ne se décrète pas ; cela se fait ou ne se fait pas.
C’est de notre responsabilité.

Quelle dynamique à venir ?

De nombreux freins s’opposent aux prises de conscience et à une nouvelle dynamique d’action. Ils viennent de la prééminence du discours scientifique, de la puissance de la technologie moderne, de l’indifférence des pays riches, de la course à la croissance des pays émergents. Au total, la mondialisation exporte et généralise un système malade : c’est sa part négative. Et nous n’avons plus la béquille de chercher « ailleurs », car il n’y a plus d’ « ailleurs »… Il n’y a plus d’ « extérieur » dans un monde clos et globalisé.

Nous sommes face à une nécessité : clarifier nos modes de pensée et nos croyances face à un complexe techno - scientifique qui accentue sa main mise sur la planète. Nous sommes encore loin de la clarification et l’impensé règne : la biologie réductionniste qui veut limiter la vie à des phénomènes physico-chimiques n’est-elle pas une posture métaphysique, une métaphysique qui s’ignore dans une conception du monde qui prétend exclure la métaphysique ? Ce déni est la pire des postures. Ecoutons les propos de Schopenhauer : « Les naturalistes s’efforcent de montrer que tous les phénomènes, mêmes les phénomènes spirituels sont physiques, en cela ils ont raison ; leur tort, c’est de ne pas voir que toute chose physique est également par un autre côté, métaphysique»
N’oublions pas non plus que les révolutions scientifiques en cours – celle de la mécanique quantique entre autre – appellent à la modestie quant à un savoir scientifique absolu et définitif.

La magistrale leçon de toutes les crises contemporaines est que l’incertitude n’est pas « limitation » de la science, mais au contraire que l’incertitude EST la science.

Il faudrait en tenir compte dans notre usage du monde.
C’est un des jalons de la résolution de la « crise de l’environnement ».


Chantal Delacotte.

Géographe, agrégée de l’Université. Après sa carrière dans l’Enseignement Supérieur, comme professeur de Chaire Supérieure en Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles, elle anime des rencontres sur les relations entre sociétés et écosystèmes.

Jeudi 3 Décembre 2009
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