La déforestation de l’Amazonie brésilienne nous concerne tous

Crise de l’environnement
La Forêt d’Amazonie.
Voici deux mots emblématiques d’une des graves crises de l’écologie planétaire. Le bassin hydrographique du plus puissant fleuve du monde est le théâtre d’un drame : à chaque instant, l’incendie brûle une part de l’immense forêt tropicale, un « océan végétal » de 5 millions de km2, dont les trois quarts se situent au Brésil, notre pays référence.



La déforestation de l’Amazonie brésilienne nous concerne tous
Depuis 1987, l’INPE brésilien (Institut national de recherche spatiale ou Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais) reçoit les images thermiques quotidiennes des satellites. Les chiffres officiels estiment que, en moyenne, 20 000 Km2 de forêt disparaissent chaque année ; en 30 ans, la déforestation dépasse 600 000 km2, plus que tout l’hexagone français. Mais ces évaluations ne rendent compte que des gros dégâts. Les nouvelles méthodes de surveillance satellitale témoignent de sous-estimations. Aujourd’hui, les logiciels de reconnaissance peuvent détecter des lacunes forestières, des « trous » dans la forêt, bien plus ténus. « Nous avons vu le fromage suisse de la forêt brésilienne», résume Gregory Asner, un des spécialistes américains de cette surveillance ! Il semble qu’en réalité, 52 000 km2 disparaissent chaque année. À ce rythme la forêt de l’Amazonie brésilienne aura disparu en 2050.
Les arbres, et tout le vivant de l’écosystème, ne sont pas les seuls menacés. La mise en danger concerne les hommes qui vivent dans, et de, cette forêt : les peuples autochtones amérindiens, leurs cultures et leurs savoirs. Quant aux nouveaux-venus sur cette terre de colonisation, ils trouvent un monde sans loi, sinon celle de la « jungle ».
Mais après tout, en dehors des quelques moments où je ressens ma sensibilité touchée par ce désastre, pourquoi le sort de la forêt d’Amazonie me concernerait-t-il, à Paris, en France, ou ailleurs dans le monde ?

C’est que l’Amazonie et sa forêt ne sont pas « éloignées » de chacune et chacun de nous.
Quatre arguments pourraient nous en convaincre.
- La forêt d’Amazonie nous concerne par son rôle de patrimoine mondial de biodiversité et sa régulation du fonctionnement climatique global.
- La déforestation nous concerne parce que nous participons aux causes de la destruction forestière, par certains aspects de notre consommation.
- De façon plus subtile, et plus profonde, cela nous concerne puisque c’est en Occident, chez nous, qu’a eu lieu la grande révolution civilisationnelle de la « Modernité » dont les acquis n’occultent pas les effets pervers et, parmi eux, les problèmes environnementaux que nous connaissons.
- Sans oublier que la forêt d’Amazonie nous touche, si nous ressentons une fraternité de destin avec les hommes qui y vivent…

Au long de deux articles, partons explorer ces quatre pistes de notre implication….





• La forêt d’Amazonie recèle un des grands patrimoines mondiaux de la biodiversité et régule le fonctionnement climatique mondial… Or les atteintes à la biodiversité – la diversité du vivant - et le dérèglement climatique posent deux des grandes questions à résoudre au XXIème siècle : on est là au cœur du problème.

La forêt d’Amazonie est un grand « organisme », un écosystème global au fonctionnement des plus complexes, où se multiplient les emboîtements d’échelles.
La forêt est une, un « Tout ». C’est la forêt dense, la Mata Densa, l’unité du paysage d’un monde clos. Survoler la canopée, c’est voir les cimes jointives des arbres dérouler leur moutonnement vert à perte de vue. La canopée ferme la forêt. Au sol, peu de soleil, peu de sous- bois, dans cette « forêt de la pénombre ».
Mais c’est aussi la forêt du multiple, une foule de végétaux, d’animaux imbriqués, intriqués en strates et en étroites inter – relations pour leur vie. Lianes et épiphytes croissent sur les arbres et s’élèvent avec eux, à la recherche de la lumière : l’élan vers le vertical domine. Chaque organisme a son rythme biologique que berce la régularité climatique dans la forêt toujours verte : les espèces végétales ont une défeuillaison échelonnée, individuelle.
Les climats toujours chauds et humides de la zone inter- tropicale façonnent le royaume du vivant. La biodiversité, végétale et animale, y est incommensurable, au sens fort du terme. Un hectare compte 300 à 400 espèces arbres, contre 15 en zone tempérée et l’on y trouve 10 fois plus d’oiseaux. A l’échelle d’un seul arbre, 43 espèces de fourmis peuvent cohabiter ! Et il reste tant d’inconnu… Selon l’écologiste allemand Harold Sioli, chaque pas sur le sol forestier écrase au moins 1 600 êtres microscopiques. La biodiversité de la forêt d’Amazonie demeure une « terra incognita », le dernier continent à explorer. Quelques chercheurs mènent l’aventure, dont Francis Hallé voguant sur son radeau des cimes. L’aspect patrimonial accompagne une autre richesse ; l’on sait le trésor de molécules thérapeutiques que cache ce réservoir de biodiversité végétale. Chaque incendie brûle, à jamais, ce que l’on n’a pas encore découvert.

Avec les zones polaires, et par son immensité, l’écosystème de la forêt d’Amazonie joue aussi un rôle de régulateur des équilibres du climat mondial. Il n’est pas indifférent que les pôles et l’Amazonie soient deux des zones les plus menacées par notre gestion…
Revisitons cependant une idée reçue, largement répandue : la forêt n’est pas le « poumon vert » de la planète, pas au sens de la production d’oxygène. Ce rôle appartient aux phytoplanctons des océans. Une partie de l’année, à certains moments du métabolisme forestier, la décomposition du sous-bois dégage même tant de gaz carbonique que la forêt amazonienne devient un grand « pollueur naturel ». Les missions des navettes spatiales ont mis à jour cette « anomalie écologique » en détectant de grands nuages de monoxyde de carbone au-dessus de la forêt, comme ceux qui coiffent les grandes métropoles mondiales ! Il a fallu maints travaux scientifiques pour découvrir la complexité du mécanisme en cause. En revanche, la forêt est un puits de carbone participant à la lutte contre l’effet de serre. En constant renouvellement, elle absorbe le carbone de l'atmosphère et contribue à diminuer la quantité de CO2. Par son métabolisme, elle concourt à la redistribution des gaz de l’atmosphère terrestre ce qui participe à la reconstitution de la couche d’ozone protectrice autour de la Terre.

La forêt régule aussi le cycle de l’eau, telle une éponge. « Forêt de la pluie », « forêt des brumes », elle reçoit 2 à 3 m de précipitations par an, dont la moitié est liée au fonctionnement de l’écosystème lui-même. Dans cette aire de très fortes chaleurs, 60% de l’énergie solaire sert à l’évaporation de l’eau dans l’atmosphère, à travers la transpiration des plantes, l’évapo - transpiration. La forêt d’Amazonie est un « chaudron en ébullition dans lequel mijote divers ingrédients indispensables au maintien de la composition de l’atmosphère et qui régule la chaleur terrestre» nous dit le climatologue Volker Kirchoff.

La biodiversité et le rôle de régulateur climatique des dernières forêts primaires de la planète, sont les « prunelles de nos yeux ».
Chacun devrait en avoir une conscience aigüe.

• Par certains aspects de notre consommation nous, Occidentaux, participons aux causes de la destruction de la forêt, dans une économie mondialisée. Le cas de l’Amazonie brésilienne en témoigne.

Partout, des dynamiques économiques et des techniques destructrices s’y développent, initiées et encouragées par l’Etat.
Dès 1953, sous le président Vargas, et plus encore à partir de la dictature des années 60, l’Amazonie devient un Front Pionnier, une région « légale » appelée le « Nord », qui s’étend sur 59% de la surface du Brésil. L’étendue gigantesque déroule 3000 km de l’Ouest vers l’Est et près de 2000 km du Nord au Sud. La croissance démographique suit l’ouverture du front pionnier, passant de 5,6 millions d’habitants en 1960 à 25 millions en 2007 même si elle reste relative : il y a 190 millions d’habitants au Brésil.
Le feu et les routes ouvrent ce front pionnier.
Le brûlis gagne de la surface agricole, mais les défrichements se font au prix de fumées toxiques cachant le soleil, provoquant des troubles respiratoires.
Les routes permettent l’accessibilité, telle la célèbre Transamazonienne qui traverse de l’Est vers l’Ouest et, aujourd’hui, un véritable réseau quadrille l’Amazonie.
Tout cet agencement se met au service d’activités économiques prédatrices où domine le front agro-pastoral.
L’élevage bovin entraîne la plus grande déforestation : 60 % des surfaces lui sont destinées. La forêt brûle pour gagner des prairies où les zébus sont élevés en système extensif … avant leur transformation en hamburgers pour les consommateurs du Nord. L’élevage fonctionne d’abord pour l’exportation. Les Brésiliens appellent ce système agricole la « colonisation par la patte du bœuf ». Quant à David Kaimovitz, directeur du CIFOR-Centre International de Recherche sur les Forêts, il se désole de voir que « les éleveurs sont en train de transformer l’Amazonie en viande hachée. »
Le soja, le plus souvent transgénique, participe à la déforestation. Exporté, il nourrit les animaux qui remplissent les assiettes des pays développés : Europe ou Etats-Unis. Mais les exportations vers les ports - et les porcs - chinois ne sont pas en reste !
Une solution ? Très simple : moins manger de viande venant de ces types de production agricoles. Une solution à un formidable gaspillage d’énergie, de sol, dévastant la forêt d’Amazonie. Une des alternatives conscientes à la lutte contre la faim et la malnutrition dans le monde.
Quant au bois d’œuvre issu de la forêt il participe à la sur – exploitation et fournit aux pays développés. Sans oublier que la prédation se fait aussi par l’exploitation du charbon de bois.

Mais, direz-vous, quelque soit la critique économique, pourquoi les Brésiliens n’auraient-ils pas le droit de gagner du sol agricole sur leurs forêts ? N’avons-nous pas fait de même, nous, Européens ?

C’est que cette déforestation, et celle de toutes les forêts tropicales, concernent des écosystèmes très fragiles, très différents des forêts de la zone tempérée. On ne peut longtemps dénier les logiques internes des écosystèmes. Les faits de la nature sont têtus ! C’est une des tares de la modernité de ne pas vouloir en tenir compte.
Notre prochaine exploration nous conduira à ce point capital.



Chantal Delacotte.
Géographe, agrégée de l’Université. Après sa carrière dans l’Enseignement Supérieur, comme professeur de Chaire Supérieure en Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles, elle anime des rencontres sur les relations entre sociétés et écosystèmes



Dimanche 5 Avril 2009
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