La déforestation de l’Amazonie brésilienne nous concerne tous (2)

Mais, direz-vous, quelque soit la critique économique faite à l’exploitation des zones forestières, notre dernier article pourquoi les Brésiliens n’auraient-ils pas droit à la déforestation ? Pourquoi ne pourraient-ils pas gagner du sol agricole sur leurs forêts ? N’avons-nous pas fait de même, nous, Européens ?



La déforestation de l’Amazonie brésilienne nous concerne tous (2)
Notre premier article sur l’Amazonie se concluait sur cette question. Déjà, l’on pouvait succinctement répondre que la déforestation amazonienne, et celle de toutes les forêts tropicales, concernent des écosystèmes très fragiles, très différents des forêts de la zone tempérée. On est là face à deux fonctionnements radicalement différents et l’on ne peut longtemps dénier les logiques internes des écosystèmes, sans entrer dans un redoutable « cercle vicieux ». Les faits de la nature sont têtus ! C’est une des tares de la modernité de ne pas vouloir en tenir compte.
Entrons dans l’exploration de ce point capital.

• Détruire la forêt d’Amazonie, c’est détruire la fertilité du sol.

La forêt vit de ses propres débris, du mince humus qui façonne un sol « utile », nutritif, de 20 à 30 cm seulement ; mais c’est un humus renouvelé chaque jour. La minceur du sol explique l’enracinement très superficiel des végétaux. Les arbres se soutiennent les uns par les autres, aidés du lacis des lianes. Le tapis chevelu et dense des racines court à l’horizontale, sur plus de 100m parfois, ce qui permet une assimilation très rapide des éléments nutritifs par les plantes.
Au total, la forêt Amazonienne fonctionne comme un vaste système de recyclage des matières végétales qu'elle produit. La chaleur, l’humidité et l'extraordinaire richesse en micro-organismes - bactéries, champignons, termites - permettent une décomposition très rapide des matières organiques et leur transformation en éléments minéraux. C’est le cas des feuilles, des déjections animales, des charognes ; c’est même le cas des matières fécales et de la transpiration. Dans les forêts tropicales humides, il ne faut que quelques minutes avant qu'un excrément ne soit découvert et utilisé par divers insectes ; en moins d’un an, plus de la moitié des débris sont décomposés. Ce recyclage constant fabrique un humus très riche en azote, calcium, potassium, magnésium et silice.

Mais, avec la déforestation, le recyclage cesse, alors que le lessivage lié aux fortes pluies continue, privant le sol de ses substances nutritives. Après épuisement de l’humus et des cendres des brûlis, en 3 à 5 ans, la stérilisation du sol est consommée. L’eau dissout les substances nutritives, entrainées par l’infiltration, et il ne reste que l’alumine et le fer ferrique, insolubles, et stériles ! Alors, il faut brûler, plus loin, et encore plus loin…

La forêt d’Amazonie est lieu d’un paradoxe : la plus forte biomasse croît sur les sols les moins fertiles de la planète. La forêt est simplement « posée » sur son substrat : elle grandit sur le sol, mais non du sol. C’est un « colosse aux pieds d’argile », au sens propre du terme. Elle dépend bien plus de la quantité d’humidité de l’atmosphère et de l’humus détritique que des échanges avec le sol lui-même. Le fonctionnement de l’écosystème donne des sols impropres à une agriculture permanente. Au contraire, l’agriculture devient inéluctablement destructrice et, en Amazonie brésilienne, il n’y a que 10% de la surface agricole utile (SAU) classés « cultivables » sur le long terme.





La déforestation de l’Amazonie brésilienne nous concerne tous (2)
La mise en danger concerne aussi des hommes.

En Amazonie, la forêt brûle sur le front pionnier de déforestation et, par analogie, l’on pourrait dire que « brûlent » aussi des rapports sociaux et économiques marqués par la violence et l’inégalité.

Les riches propriétaires des grandes sociétés agro-industrielles, forestières ou minières s’approprient les terres. Pour eux, prévaut la logique de concentration foncière. Les stratégies sont nombreuses : achats légaux, mais aussi rachat à des colons pauvres n’ayant pas les moyens financiers d’entretenir leur terre ou de résister aux difficultés. Avec la complicité de l’administration, il n’est pas rare qu’il y ait délivrance illégale de titres de propriété et les milices privées mènent l’occupation violente de terres désignées comme « espaces vides ». Les fazendas d’élevage - immenses exploitations - peuvent avoir plus d’un million d’hectares.
Le front pionnier offre aussi une possible substitution aux problèmes agraires. C’est une aubaine pour les grands propriétaires, notamment ceux du Nordeste du Brésil. Beaucoup de paysans, les « Sans Terre », en sont partis : la plupart vers les villes, mais aussi vers ce qu’ils pensaient être l’ « Eldorado » amazonien. Cette dynamique limite les troubles sociaux et évite une réforme agraire partageant plus équitablement la propriété du sol. En Amazonie, les migrations de populations pauvres, et la natalité sur place, ont amené une croissance démographique de front pionnier et la population est passée de 5,6 millions d’habitants en 1960 à 25 millions en 2007, même si l’augmentation reste relative à l’échelle du pays : il y a 190 millions d’habitants au Brésil.

Partout, les relations empreintes de violence, menacent les plus pauvres, les plus vulnérables.
-C’est le cas des peuples autochtones, les Amérindiens, dont beaucoup sont déculturés et vivent dans des réserves.
-C’est aussi le cas de beaucoup de nouveaux venu en quête de vie meilleure. Qu’est ce qu’être un colon pauvre en forêt d’Amazonie ? Pour la majorité, c’est être déraciné, perdu dans un milieu inconnu où sévit la malaria. Nombre de petits producteurs agricoles sont condamnés à l’échec. Ils gonflent alors une main d’œuvre soumise à la précarité des contrats de travail. Aujourd’hui, les Sans Terre partis du Nordeste surnomment la route Transamazonienne la « Transamargura », la « Transamertume »… A la recherche de petits boulots, toujours en chemin, ils doivent supporter le mépris attaché aux « pés-inchados », les « pieds enflés », leur sobriquet. Beaucoup vivent aussi le système du « travail-esclave ». Des intermédiaires, les Gatos - les chats - attirent les ouvriers qui se retrouvent dans des zones éloignées des routes et des villes. Là, ils travaillent pour presque rien et s’endettent dans les magasins appartenant tous au propriétaire de leur chantier : les prix des denrées de base y sont exorbitants. Avec le « travail-esclave », on ne travaille que pour survivre et l’on est comme emprisonné par les dettes. Une seule solution : la fuite. Mais, celui qui est retrouvé risque d’être tué par l’homme de main du patron, pour l’exemple !
Amérindiens, ou nouveaux venus, vivent dans un monde sans loi, sinon celle de la « jungle », celle du plus fort. L’assassinat du syndicaliste Chico Mendès, le 9 décembre 1988, en est un symbole et reste un souvenir vivace. Quinze jours avant sa mort, Chico Mendès disait : « Si un messager descendait du ciel et m’assurait que ma mort conforterait notre lutte, cela vaudrait la peine de mourir. Mais l’expérience m’a enseigné le contraire. Les grands rassemblements publics et les funérailles en série ne sauveront pas l’Amazonie ».

Quand elles existent, les lois sont contournées. Ainsi la loi fédérale du code forestier interdit aux propriétaires de couper ou de brûler plus de 20% de leur surface… Mais 90% des destructions sont illégales, et se font en totale impunité.



• Que faire alors ? Quelle est la dynamique, aujourd’hui ?

L’opinion publique évolue en faveur d’une gestion économique, sociale et écologique plus équilibrée de la forêt, notamment au Brésil.

Des organisations de défense naissent, en particulier chez les peuples « traditionnels ». C’est un espoir, et les ONG œuvrent en ce sens, à l’échelle des pays d’Amazonie, comme à l’échelle internationale. Chacun d’entre nous peut s’y impliquer et suivre le cri d’alarme des artistes militants, plasticiens ou poètes, éveilleurs et veilleurs de conscience, tel le Brésilien Frans Krajcberg, grand amoureux de la forêt. Ses photographies témoignent de la beauté amazonienne ; celle des arbres, des fleurs, des papillons. Frans Krajcberg témoigne aussi des incendies qui la ravagent. Sculpteur, il transforme les troncs noircis par le feu et leur redonne une vie symbolique, par de nouvelles formes et l’éclat coloré des pigments naturels. Ses superbes « Bois brûlés » témoignent que l’art peut être un appel à la conscience planétaire.

Malheureusement, les dirigeants des Etats ne sont pas encore prêts à renoncer aux énormes revenus issus des exportations de produits amazoniens et les résistances locales au changement sont immenses. La protection de la forêt ne correspond pas à l’intérêt individuel, et à court terme, du plus grand nombre…

L’Amazonie est en danger et sa déforestation concerne tous ceux qui souhaitent une nouvelle ère, une nouvelle civilisation où se renouent du lien avec la nature et une solidarité entre les hommes. Les deux souhaits vont de pair.
Et c’est un proverbe amérindien qui nous avertit tous :
" Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors vous découvrirez que l'argent ne se mange pas. »

Merci à Chantal Delacotte!

Mercredi 6 Mai 2009
Alessandra Buronzo


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