Début 2003, la dizaine de fabricants sollicitée par Ecocert lors du comité de pilotage se constitue en
association de défense de la cosmétique biologique : Cosmébio.
Cosmébio ne contrôle pas les produits et ne délivre pas de certification, mais fait la promotion de la cosmétique certifiée bio auprès du consommateur.
Moins d’un tiers des 950 clients d’Ecocert adhère à Cosmébio.
Les cosmétiques bio et les cosmétiques écologiques
Un ingrédient est défini comme « bio » dès lors qu’il est issu d’une plante, cultivée selon le mode de
production de l’Agriculture Biologique et certifiée comme telle. Des ingrédients comme l’eau, le sel ou les minéraux sont exclus de cette définition mais sont autorisés dans les formules des cosmétiques.
Les cosmétiques certifiés par Ecocert doivent contenir un minimum de 95% d’ingrédients naturels ou d’origine naturelle. En fonction du détail de leur composition, les produits se répartissent en 2 catégories :
1) Les cosmétiques écologiques :
50% minimum des ingrédients végétaux doivent être issus de l’Agriculture Biologique.
5 % minimum du produit fini (eau, sel et minéraux compris) doivent être issus de l’Agriculture Biologique
2) Les cosmétiques biologiques :
95% minimum des ingrédients végétaux doivent être issus de l’Agriculture Biologique.
10 % minimum du produit fini (eau, sel et minéraux compris) doivent être issus de l’Agriculture Biologique
A noter : le fabricant fera le même type d’efforts dans la composition d’un produit moussant bio (ex.
un shampoing) que dans la cadre d’une huile de massage. Pourtant, compte tenu de la formulation
même du produit (l’un composé à 80% d’eau non « certifiable » et l’autre à 100% de végétal), la
teneur en ingrédients bio certifiés ne peut pas être la même.
Parmi les critères du référentiel Ecocert, sont notamment garantis pour le consommateur :
- la naturalité du produit
- la transparence quant au pourcentage de produits bio utilisés dans les formules
- l’absence de conservateurs issus de la pétrochimie tels que les parabens, les silicones, les
phénoxyéthanol …
- l’absence d’ingrédients issus d’animaux morts ou entrainant la mort d’animaux (ex. les
ingrédients issus des cochenilles ou des vers à soie)
- l’absence de nanopoarticules (principe de précaution appliqué par Ecocert depuis 2008)
Au niveau du produit, le référentiel valorise les points forts suivants :
- l’utilisation de matériaux recyclables et respectueux de l’environnement pour l’emballage
(liste excluant les PVC, les styrènes, le cellophanage…) et l’interdiction du suremballage
- l’utilisation de procédés respectueux de l’environnement lors de la fabrication et de la transformation
- la traçabilité des ingrédients bio (l’enregistrement des quantités achetées, utilisées et vendues) et le contrôle de toute la formule
- la gestion des déchets et des rejets du fabricant
- La gestion environnementale du site sur lequel sont produits les cosmétiques
A noter : le référentiel des cosmétiques biologiques autorise une liste de 5 conservateurs seulement,
qui n’existent pas à l’état naturel. Il s’agit de l’alcool benzylique, de l’acide benzylique, de l’acide
salicylique, de l’acide hydro-acétique, de l’acide ascorbique.
Hormis ces exceptions tous les conservateurs chimiques, au nombre de 56 dans le conventionnel, sont
bannis.
Le contrôle du référentiel
Le contrôle du référentiel se fait principalement sur présentation de documents. Sur 5% à 10% des
cas, le contrôle se fait également par échantillonnage et test en laboratoire.
Un auditeur est systématiquement mandaté pour vérifier les précautions d’acheminement, de
stockage et la traçabilité du produit jusqu’à son lieu de vente.
L’organisme certificateur réalise 2 audits pour les sites de fabrication et de conditionnement et 1
audit pour la simple distribution. Les audits se font sur prise de rendez-vous, tous les ans.
Si le produit est attesté conforme au cahier des charges, la certification est accordée pour 12 à 18
mois au fabricant.
Le point de non-conformité le plus fréquemment constaté porte sur la communication du produit. En
effet, par anticipation, les industriels émettent parfois les étiquettes avant d’obtenir la certification
et indiquent un pourcentage non conforme d’ingrédients bio. Selon la gravité, Ecocert décide alors
d’autoriser un délai d’écoulement ou bien ordonne la destruction des stocks d’étiquettes.
Les cas les plus graves sont ceux de contamination. Ecocert suspend alors la certification du produit.
Le fabricant dispose d’un délai de 3, 6 ou 8 mois pour se mettre en conformité. En cas de fraude
avérée sur les critères du référentiel et de récidive, Ecocert peut aller jusqu’à la suspension de la
licence. Le fabricant ne peut plus commercialiser aucun produit en bio.
Le retrait produit du marché est demandé par les fraudes uniquement en cas de risque pour le
consommateur.
II - L’harmonisation à 27, à quand une règlementation européenne ?
COSMOS, l’historique
Dès 2003 Ecocert est à l’initiative du groupe de travail qui réunit Cosmébio (France), BDIH
(Allemagne), la Soil Association (Angleterre) et ICEA (Italie). 4 organismes impliqués dans leurs pays
respectifs et volontaires pour pousser le bio vers une harmonisation à 27 afin de faciliter les
échanges et d’ouvrir les marchés.
Le processus aura donc pris du temps avant d’aboutir en février 2011 à un consensus général car les
règles et les pratiques en vigueur sont très différentes d’un Etat à l’autre.
Le référentiel
Comme le référentiel d’Ecocert, il prévoit 2 niveaux de certifications : « COSMOS Natural » et
« COSMOS Organic ».
Le label COSMOS est plus contraignant que chacun des référentiels représentés dans le cercle de travail.
Le seuil minimum d’ingrédients bio dans les formulations a par exemple été rehaussé, passant de 10
à 20% obligatoires pour la mention « COSMOS Organic ». Grâce à l’avancée scientifique, certains
ingrédients, tels que les tensio-actifs par exemple, font nouvellement partis des ingrédients qui peuvent être certifiés bio.
D’Ecocert à COSMOS
Pour les fabricants (dont la majorité est déjà engagée et possède déjà une certification) qui souhaitent passer du référentiel Ecocert au référentiel COSMOS, une période de transition est prévue.
Il n’y aura aucune obligation à ce que les fabricants de produits déjà certifiés selon le référentiel
Ecocert, passent à COSMOS. En revanche à partir de 2014, Ecocert certifiera les nouveaux produits
uniquement selon le référentiel COSMOS.
La certification COSMOS a commencé. Les premiers produits arriveront sur le marché
courant du premier trimestre 2012. Pour le consommateur, le même logo auquel il est
habitué sera apposé sur les produits, avec la mention « COSMOS » écrite en dessous.
Côté organismes de certification : depuis avril, les organismes de certification qui ne font pas partie
du groupe de travail originel peuvent prétendre à certifier selon COSMOS. Ils doivent pour ce faire
déposer une demande d’accréditation et obtenir une réponse positive dans les 18 mois qui suivent.
La norme ISO à l’étude
Une norme ISO est en cours de rédaction. En effet, les grands groupes cosmétiques internationaux se
réunissent et cherchent à créer des normes alternatives pour valoriser leurs produits et pouvoir y
mentionner des allégations sur le bio sans tendre vers des pratiques plus contraignantes.
Fort de son expertise en agriculture biologique et en cosmétique biologique, Ecocert vient de
s’intégrer au groupe de travail ISO pour pousser les critères de la future norme à plus d’exigences.
De plus, grâce au regroupement autour de COSMOS, les parties prenantes vont pouvoir faire du
lobbying avec plus de légitimité afin d’éviter que les critères de la cosmétique bio ne soient abaissés
et de maintenir un degré d’exigence élevé.
A noter : COSMOS est un label privé, les parties prenantes attendent qu’il devienne une règlementation contrôlée par l’Europe pour gagner encore en efficacité.
III - Ecocert Greenlife, les nouveautés 2011
Les nouveaux référentiels
Les centres de soin et spas bio Ecocert
Dès le 2ème semestre 2011, sera lancé le nouveau référentiel pour les centres de soins écologiques et
biologiques (hôtels, instituts, spas…).
Le référentiel, en cours de validation, valorisera les produits utilisés en bio (référencement de
produits cosmétiques bio, textiles,…), les protocoles de soin associés et la gestion environnementale
du site (gestion de l’eau, de l’énergie, détergents …).
3 niveaux de qualité seront accordés (en cours de finalisation) : depuis un niveau d’accès d’entrée de
gamme jusqu’à un niveau d’excellence.
Ecocert a enregistré beaucoup de demandes. Melvita est parmi les premiers beta-testeurs du
référentiel.
Les peintures écologiques d’origine naturelle
Le contrôle des peintures écologiques d’origine naturelle est une autre nouveauté. Ce référentiel sera
présenté lors du salon professionnel Euro Coat en septembre 2011. Ecocert travaille désormais à
étendre ce référentiel à tous les éléments de revêtement.
Ecocert a beaucoup travaillé sur la qualité de l’air (utilisation des solvants). Ce référentiel sera
beaucoup plus exigeant que l’écolabel européen.
Les innovations produits certifiées Ecocert
En 2011, Ecocert Greenlife a certifié 2 nouveaux produits innovants :
- La 1ère coloration bio ton sur ton 100% bio (K pour Karité)
- Le 1er vernis à ongle bio aux solvants végétaux (So’Bio – Léa Nature)
Les nouveaux ingrédients certifiés en 2010 pour les cosmétiques
- La glycérine, issue de l’huile : le plus difficile à certifier n’étant pas le produit en lui-même mais le procédé
- Les tensio-actifs
Tout comme le marché de l’Agriculture Biologique, les référentiels évoluent avec le temps. Une des
missions que s’est fixé Ecocert est de soutenir la démarche vers toujours plus de respect de
l’environnement.
source : Ecocert