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La cosmétique bioA l’instar de l’Agriculture Biologique il y a trente ans, la cosmétique bio fut longtemps considérée comme une excentricité ou comme l’apanage de quelques intégristes de l’écologie. Jadis cantonnée aux magasins spécialisés et aux boutiques bios, la cosmétique bio envahit aujourd’hui les linéaires des grandes surfaces et déferle dans les médias.
Chaque jour voit fleurir de nouvelles enseignes tandis que les géants du secteur se mettent sur le créneau, convoitant avec envie les performances de ce segment encore confidentiel il y a 5 ans. Sécurité, besoin d’authenticité, éco-responsabilité, naturalité…
La cosmétique bio fait écho à de nombreuses préoccupations très actuelles. Mais si ce terme nous est désormais familier, peu de personnes savent ce qu’il recouvre vraiment. Entre surenchère marketing et actions concrètes, il est difficile de se repérer pour séparer le bon grain de l’ivraie. Aussi, pour répondre à ce besoin de transparence, de nombreux organismes de certification et autres labels issus d’organisations professionnelles se sont constitués pour offrir aux consommateurs des garanties sur les produits se revendiquant naturels ou de cosmétique bio. Mais quelles sont ces garanties et comment s’y retrouver au sein de la cacophonie régnant autour de ces labels ? Car la multiplication de ces initiatives visant à répondre à un besoin de transparence de la part du public a engendré une certaine confusion chez le consommateur et si la cosmétique naturelle a acquis une réelle légitimité, elle a désormais besoin de se structurer autours d’un label unique et européen à la manière de ce qui fut réalisé pour l’Agriculture Biologique. Alors quel référentiel, quelles garanties et quel niveau d’exigence pour ce nouveau label qui déterminera la place de la cosmétique bio dans le futur ?
LA REPONSE A UNE ATTENTE SOCIALE
Si la notion de produit biologique nous est familière pour les produits alimentaires, c’est que l’Agriculture Biologique est définie depuis 1920, organisée à l’échelle mondiale depuis 1972 et reconnue dans le codex alimentarius depuis 1999. On peut estimer que cette reconnaissance à l’échelon national et international va de soi. Après tout, les agriculteurs sont souvent considérés comme les premiers acteurs de notre environnement et le concept d’Agriculture Biologique est presque intuitif pour l’ensemble du public. A contrario, le terme de « Cosmétique Biologique » apparaît comme beaucoup plus difficile à concevoir. Et pour cause, depuis fort longtemps la cosmétique est devenue une activité industrielle et l’on peut légitimement s’interroger sur la pertinence de l’attribut « Biologique » dès lors que l’on évoque un produit cosmétique. Aussi aura-t-il fallu l’ensemble des crises sanitaires qui ont émaillé ces 20 dernières années pour que cette notion rencontre enfin un public. Entre les éthers de glycols soupçonnés d’être à l’origine de malformations foetales ou les parabènes suspectés d’être cancérigènes, le doute s’est installé. L’acte d’achat de produit cosmétique est devenu « impliquant ». Ajoutez à cela les préoccupations environnementales de ce siècle et la demande de produits naturels et respectueux de l’environnement se fit de plus en plus pressante. Malheureusement, celle-ci rencontra un vide réglementaire et à l’heure actuelle, la cosmétique bio ne bénéficie d’aucune réglementation spécifique à l’échelle nationale ou internationale. Pour combler cette lacune, dès la fin des années 90, plusieurs industriels au sein des différents pays de l’Union Européenne se réunirent en associations pour tenter de définir une « cosmétique biologique » qui répondrait aux attentes du public. Si ces initiatives se traduisent aujourd’hui par des cahiers des charges différents, elles reposent toutes sur des valeurs fondatrices communes : l’authenticité, la transparence et l’éco-responsabilité. L’authenticité. Au XXe siècle et surtout au XXIe siècle, l'industrialisation et les découvertes technologiques changent le visage de la cosmétologie : parfums de synthèse, dérivés pétroliers, tensioactifs synthétiques et stabilisateurs d'émulsion. Ces nouveaux ingrédients mis en oeuvre dans des formules complexes réalisées par des chercheurs caractérisent les produits cosmétiques d’aujourd’hui. Cette évolution permit d’atteindre des produits de qualité inégalée en termes de texture et de parfum. Néanmoins, cette complexification à outrance les a rendus peu lisibles pour les consommateurs et il a suffit de quelques scandales sur certains ingrédients synthétiques pour que la méfiance s’installe vis-à-vis des « cosmétiques conventionnels ». Toute une partie du public se mît à privilégier un retour à des formules plus simples élaborées à partir d’ingrédients naturels dont l’ancienneté d’utilisation était le meilleur garant de leur innocuité. Ainsi, ce « retour à la tradition » n’est pas le fait d’un sentiment de nostalgie mais bien d’une réelle méfiance envers des produits et des technologies qui ne semblent pas être totalement maîtrisés. - La transparence. Cette méfiance à l’égard de la « cosmétique conventionnelle » a également conduit à un besoin de plus de transparence. Partant du principe que tout ce qui n’est pas transparent est susceptible de masquer un défaut, l’ensemble des cahiers des charges de cosmétiques naturels attachent une attention toute particulière à la transparence de l’information quant à la nature des ingrédients et les procédés de fabrication utilisés dans les produits. Au-delà du caractère rassurant de cette politique, en restituant au consommateur la connaissance du produit, elle lui permet de sortir de la logique consumériste et de le responsabiliser dans son acte d’achat. L’éco-responsabilité L’éco-responsabilité est une démarche consistant à intégrer les préoccupations environnementales à l’activité d’une entreprise. Pour les fabricants de cosmétiques, il s’agit donc en premier lieu de garantir aux consommateurs des produits cosmétiques respectueux de l’Homme et de l’environnement tout en promouvant le développement de l’Agriculture Biologique. Il est important de remarquer que l’éco-responsabilité s’applique à une personne morale (une entreprise) ou physique (un consommateur) et non à un produit. Ce dernier point souligne la nécessité d’appliquer ces principes à l’échelle de l’entreprise et non à celle d’un simple produit. L’éco-responsabilité doit être appréhendée de manière verticale (dans l’ensemble de la conception d’un produit depuis les matières premières utilisées jusqu’à la consommation du produit) mais aussi de manière transversale à l’entreprise (en prenant en considération l’ensemble de son activité). Ce qui ressort de ces valeurs fondatrices, c’est que la cosmétique bio s’est construite en réaction à l’évolution de la cosmétique dite conventionnelle. Il ne s’agit pas d’un marché qui s’est constitué autour d’une innovation technologique mais bien d’une remise en question des pratiques de l’industrie cosmétique. Merci à Fleurance Nature www.fleurancenature.fr Jeudi 4 Février 2010
Alessandra Buronzo
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