Chaque émotion est un terrain sur lequel travailler. Comment rompre les barrières existantes entre visible et invisible ? Fabrice Midal nous invite grâce au bouddhisme tibétain à entrer ans la confusion, la peur et la folie, pour les transmuter et appréhender l’extraordinaire avec des outils pratiques nouveaux...
L’invité : Fabrice Midal
Docteur en philosophie, artiste, et enseignant la photographie à l’Université Paris VIII, Fabrice Midal est auteur de nombreux ouvrages sur la spiritualité : Quel bouddhisme pour l’Occident ? (Seuil, 2006), Trungpa, une biographie (Seuil, 2002) ou encore Risquer la liberté (Seuil, 2009).
Il est également le biographe de Chogyam Trungpa Rinpoché, lama tibétain qui fonda aux Etats-Unis, dans le milieu des années 70, l’Institut Naropa, un lieu de rencontre entre la connaissance millénaire du bouddhisme tibétain et la psychologie occidentale. Il pratique la voie du Bouddha telle qu’elle fut transmise par Chogyam Trungpa Rinpoché depuis près de vingt ans et enseigne selon cette perspective depuis plus de dix ans. Sa recherche d’une parole toujours neuve, qui pointe au cœur de l’expérience vivante, fait la force de son enseignement.
Entre bouddhisme tibétain et psychologie occidentale
Au delà des clichés sur le bouddhisme qui rendrait plus calme et heureux à peu de frais, une sorte de spiritualité lyophilisée et facile, il importe de redécouvrir la grandeur du bouddhisme tibétain qui, dans ses aspects les plus percutants, est une véritable alchimie des émotions qui nous invite à sortir de l’opposition grossière entre matière et esprit, entre réalité et surnaturel. Une alchimie concrète, nous permettant de trouver un chemin de joie au cœur de la confusion.
Nos émotions, nos peurs, nos angoisses, nos colères, sont la dimension même où un éveil est possible, la porte d’entrée sur le monde extraordinaire de ce que René Char nomma le « Grand Réel ». Ne les rejetons pas, entrons en rapport à leur « énergie ».