J’ai fait mon marché « tout local »


160 kilomètres. C’est le périmètre maximum autour de chez soi pour remplir son frigo sans trop dégager de CO2. Notre journaliste, qui vit en plein Paris, a fait l’expérience.

Laure Noualhat



source : http://www.psychologies.com



J’ai fait mon marché « tout local »
Ne disposant pas de voiture, ne prenant plus l’avion, je me suis naturellement tournée vers mon frigo pour alléger mon impact personnel sur la planète. Et je me suis lancé un défi : consommer uniquement des aliments produits dans un rayon de cent soixante kilomètres. Pourquoi cette distance ? Je me suis inspirée de l’expérience menée par Alisa Smith et James MacKinnon, un couple de Vancouver, au Canada, qui se sont lancés dans un régime de ce type en 2006.

Durant un an, les deux journalistes militants se sont nourris exclusivement de produits et d’ingrédients cultivés ou élevés dans un rayon de cent miles – cent soixante kilomètres – autour de leur lieu de résidence. Ils en ont fait un livre journal qui raconte leur expérience, The 100-Mile Diet. En quelques repas à peine, j’ai mesuré l’étendue de leur pari. Et la difficulté de pratiquer en France ce régime. Et pire encore, de le rendre socialement acceptable quand on vit dans la capitale.


D’abord, délimiter mon périmètre. Vivant dans Paris intra-muros, j’ai identifié ma « zone 100 miles » en un tour de compas. Bolbec, Dieppe, Arras, Reims, Troyes, Auxerre, Blois… Il y a de quoi faire, pensais-je, pleine d’entrain. J’ai eu droit au champagne à Noël et, ce n’est pas rien, à l’andouillette. Pour mes légumes, étant inscrite à l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (1) (Amap) des Paniers du Val de Loire, je n’ai pas eu à changer mes habitudes. Située à Blois (cent soixante kilomètres pile-poil, ouf!), celle-ci livre chaque vendredi des légumes bio cultivés par des maraîchers de la région Centre dans une boutique de mon quartier.

Selon la saison et le climat, je réceptionne brocolis, choux, poires, carottes, topinambours, échalotes, courges spaghettis… Je ne choisis pas le contenu du panier. Pour les bordéliques dans mon genre, c’est parfait : inutile de programmer les menus de la semaine, je m’arrange avec ce qu’il y a. Souvent, les légumes me font toute la semaine, à condition de prendre le temps de les travailler. En vrac, bio, donc hétérogènes en taille et en forme, leur préparation ressemble parfois à un sacerdoce. Mais, comment dire, c’est… plus agréable, la soupe se mérite et s’apprécie en conséquence. Cette boutique du XVIIIe arrondissement réceptionne également du pain bio fabriqué par un paysan boulanger de Seine-et-Marne, qui travaille à la ferme des Carrières. Sa boule aux céréales, livrée encore chaude et craquante, véritable délice, coûte cinq euros et pèse un kilo.

Au-delà de ces quelques produits au circuit de production bien identifié, il m’a fallu me transformer en détective pour mettre la main sur quelques producteurs locaux à même de remplir frigo et étagères. Il paraît qu’à Seattle ou San Fransisco, aux États-Unis, il existe plein de supermarchés incitant les clients à choisir les produits local. Ici, ça n’existe pas, alors exit le supermarché où 90 % des articles arrivent de loin, ou pire, d’on ne sait où. Au rayon légumes, « Provenance : France » indique rarement la région, encore moins le département. C’est la même chose dans certaines chaînes bio, et moi, je suis au kilomètre près. J’ai harcelé mes commerçants habituels pour connaître l’origine de leurs fournisseurs. J’ai également lancé un avis de recherche : où se trouvent les producteurs de céréales, de laitages, de fromages de la région Ile-de-France? À son grand désarroi, la Savoyarde qui sommeille en moi a dû tirer un trait sur les produits de ses montagnes (beaufort, tomme…) et se rabattre sur du brie et du chèvre frais.

J’ai dû renoncer au poisson en général, et aux sushis – dont je raffole pourtant – en particulier. Les premiers jours, j’ai mangé moins et moins varié, le temps de trier le bon grain de l’ivraie. Vertueuse au démarrage, j’ai peu à peu baissé la garde, cédant à certaines de mes envies d’huîtres quand elles se présentaient… « Tu vas nous enquiquiner longtemps avec tes expérimentations écolos? » Debout dans la cuisine, les bras croisés, mon partenaire dans la vie a tout de suite prévenu qu’il n’abandonnerait pas son houmous (importé d’Israël, dans le meilleur des cas) ni ses oranges pressées du matin (venues, au choix, d’Afrique du Sud, d’Uruguay ou d’Espagne), et encore moins son thé vert. Sauf s’il existe une plantation de thé à moins de cent soixante kilomètres de Paris, mon renoncement sur ce point lui est acquis. Mais étant en charge de la préparation de 80 % des repas pris à la maison, je n’ai pas moufté et ai décidé de m’arranger dans mon coin.

Il n’empêche, ce régime modifie considérablement notre rapport à la nourriture. La cuisine, censée être un lieu de partage où toutes les complicités sont envisageables, est devenue une tranchée. Les étagères sont séparées en deux, le frigo aussi. Et la préparation des repas se fait en décalé. Trois amis venus dîner à la maison ont réclamé mes fameuses poires Belle-Hélène. Mon Amap avait livré d’exquises poires conférence le week-end précédent. Ouf! Mais ni le chocolat chaud, ni la glace à la vanille, ni les amandes effilées glanées dans une épicerie et dont la provenance indiquait qu’elles avaient traversé l’Atlantique n’ont répondu aux critères de mon régime. Je n’ai jamais tant culpabilisé. Les déjeuners et autres dîners au restaurant ont désormais le goût de la transgression. Je suis devenue ultraconsciente de ce que j’avale, de ce que cela implique sur l’environnement en termes de transport et d’aberrations. Aucun restau à ce jour ne propose d’étiquetage « cent soixante kilomètres ».


Dimanche 12 Octobre 2008
Alessandra Buronzo


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