Comment mieux habiter le monde ?

Crise de l’environnement : une crise de civilisation ?
Cycle : « Réflexion sur la crise de l’environnement »
article de Chantale Delacotte



Comment mieux habiter le monde ?
« Pourquoi sommes-nous si passifs face à la dégradation de l’environnement ? »
C’est la lancinante question qui taraude les personnes de conscience et de bonne volonté devant la gestion irresponsable de la planète et la mise à mal accélérée des écosystèmes et des ressources naturelles. Pourquoi tant d’inertie collective ? Et si j’agis, quelle est la pertinence de mon action personnelle ? En effet, pour qui souhaite agir, il n’est pas si facile d’être cohérent, de mettre en adéquation son ressenti, ses idées et ses actes. Il est ardu d’aller à contre courant de la civilisation reçue en héritage !

Avec notre civilisation, la Modernité, une nouvelle vision du monde s’est imposée, qui génère des systèmes de production destructeurs de l’environnement ; une vision qui se diffuse largement sur la planète. Elle est née du « grand partage » moderne qui fait de l’humain « la mesure de toute chose » et le place « comme maître et possesseur de la nature », selon les mots de Descartes. L’homme du dualisme radical homme-nature est aussi celui du « désenchantement du monde » : il refuse la domination de puissances extérieures et, sortant de l’hétéronomie, se veut autonome, sujet libre, observateur extérieur à la nature. Une telle posture a permis les succès de la science, la découverte des lois régissant l’univers, l’enrichissement des savoirs mais, en corollaire, elle ne fut pas sans effets pervers. Réduite à un objet, la nature n’est plus que ressources, outil ou décor.
Si la crise écologique est née d’une conception du monde, alors sa résolution de ne peut se réduire à des enjeux techniques, économiques ou politiques, si utiles soient-ils. La lutte contre les symptômes est nécessaire : le réchauffement climatique implique la réduction des gaz à effet de serre et il nous faut préserver la biodiversité. Mais les processus techniques ou réglementaires ne suffisent pas. Il ne s’agit pas de mettre, ici ou là, quelques rustines, mais d’appréhender la totalité de l’enjeu culturel creuset de notre relation à la nature. Au total, il s’agit de changer de paradigme, de redéfinir au nom de quelles valeurs de civilisation il nous faut veiller, alerter, agir, en changeant nos comportements individuels et collectifs.
La nouvelle révolution agricole à venir, qui devra répondre à la croissance démographique, offre un exemple parlant de la différenciation entre enjeu d’innovation technologique et enjeu d’innovation civilisationnelle. Il faut certes préparer l’environnement à nourrir 9 milliards d’hommes au milieu du siècle ; le problème est partout crucial, en particulier en Afrique où la population passera de 780 millions d’habitants aujourd’hui à 1,4 milliard en 2040. Il faudra, entre autre, pallier les difficultés d’approvisionnement en eau en bien des points du globe. Il est significatif que la Banque Mondiale revienne aux programmes agricoles, après avoir abandonné l’agriculture. Mais le défi majeur sera moins technique qu’organisationnel, aux dires de la FAO elle-même. Le schéma des « révolutions vertes » du 20ième siècle, où dominait l’effet technologique, doit être dépassé. Cette fois il s’agit d’inventer des nouvelles formes de gouvernance, à l’échelle du monde.



Réfléchir et agir, réfléchir pour agir, tels sont les mots d’ordre efficients.
Ainsi, en prémices à la réflexion, proposons deux préalables.

- Le premier préalable serait de repositionner la place de l’homme dans sa relation à la nature, en éclairant les présupposés et les structures de la modernité, en particulier la notion de « progrès ». Avec Copernic, la modernité scientifique naissante a découvert que la Terre n’était pas au centre de l’univers. Décentrée du cosmos, l’humanité s’est alors mise au cœur de la biosphère, en position dominante et purement gestionnaire. Y eut-il là un phénomène de compensation ? Aujourd’hui, il nous faudrait assumer une nouvelle « blessure narcissique » et accepter de nous considérer en co-évolution avec tout le vivant et tout le biotope, support indispensable du vivant : nous ne vivons pas « hors-sol ». La position d’interdépendance fut celle de toutes les civilisations pré-modernes ; nous avons à la réintégrer, dans le contexte de notre époque. Ainsi, depuis le début des années 70, James Lovelock travaille en scientifique sur ces interdépendances, cette co-évolution. Il pose l’hypothèse Gaïa et propose de voir la Terre comme un « être vivant », un vaste système d’auto-régulation, un seul écosystème au sein duquel tout est en relation, étendant la notion de « biosphère » à la planète entière. D’ailleurs, notre corps lui-même n’est-il pas relié, intrinsèquement, de façon vitale, aux trois règnes et aux quatre éléments ?

-Le deuxième préalable invite à visiter les préjugés et les idées reçues qui pèsent sur la réflexion écologique elle même. Par ignorance ou souci de simplification « pédagogique », les formes militantes et médiatiques écologistes véhiculent parfois des approximations et quelques raccourcis qui confinent aux contre-vérités, avec le danger d’oblitérer la légitimité du discours écologiste. Une de ces formules approximatives affirme que « La Terre est en danger ». Le slogan fait mouche, mais l’ambiguïté de la formulation voile et affaiblit la véritable problématique. L’état de la biosphère résulte de 3,6 milliards d’années et, si les formes actuelles du vivant devaient s’éteindre, l’évolution du système solaire aurait encore près de 5 milliards d’années d’évolution vers d’autres formes de vie…La Terre a connu bien des avatars ; ce n’est qu’à très long terme qu’elle disparaîtra, en même temps que le système solaire. En revanche, dans une temporalité qui est la nôtre, la meilleure formule serait de dire, clairement, que c’est « L’humanité qui se met en danger » elle-même, en ne soignant pas sa relation à la Terre. Les grands penseurs de l’écologie, de James Lovelock à Edgar Morin, mettent en garde contre les idées simplistes. Ils en appellent à une réflexion complexe, à une écologie critique et à la rigueur des démonstrations.

Le nécessaire constat de crise écologique n’invite pas au pessimisme ou à la paralysie ; au contraire. La gravité de la crise écologique ne nous permet plus le luxe de l’inertie et nous vivons un moment exceptionnel : une période axiale - selon les mots du philosophe Carl Jaspers - un « retournement » dans le cours de l’histoire, une période-clé. Nous vivons une crise, au sens de krisis, au sens originel grec du terme, c'est-à-dire un moment de jugement, de décision, un appel à un changement, à une métamorphose . Et, pour la première fois, l’humanité toute entière est invitée au entrer dans une dynamique que l’on pourrait appeler crise initiatique, pour une révolution culturelle. C’est un des aspects de la mondialisation ! On peut ne pas apercevoir l’intensité des changements en cours ; mais qui, parmi les contemporains, a perçu « la chute de l’empire romain » ou la « fin du Moyen Âge »?
Comment mieux habiter le monde ? Le 21ième siècle, dont nous sommes les acteurs, invite à réviser nos façons d’être au monde et d’agir. Comme toute crise, les problèmes de l’environnement offrent une opportunité de transformation, personnelle et sociale, ce qu’avec Patrick Viveret nous pourrions appeler « Grandir en Humanité »…

C’est à l’examen des symptômes majeurs de la crise, des problématiques questionnant les voies d’un nouveau paradigme, des symboliques et de l’imaginaire sous-tendant nos visions du monde, que cette rubrique sera consacrée, au long des semaines.

Chantal Delacotte.
Géographe, agrégée de l’Université, après sa carrière dans l’Enseignement Supérieur, comme professeur de Chaire Supérieure en Classes préparatoires aux Grandes Ecoles, elle anime des rencontres sur les relations entre sociétés et écosystèmes.

Samedi 1 Novembre 2008
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